FFB 19/02/2015

Nous proposons régulièrement des journées d’initiation à la maison d’arrêt d’Osny permettant au milieu carcéral de s’évader à travers la boxe et d’oublier le temps d’une séance pratique leurs conditions de vie en les mobilisant autour d’une activité commune et de dépassement de soi.
Il est également élagueur de formation, responsable espaces verts et maçonnerie gros œuvre au sein d’une entreprise paysagère à Pierrelaye… et ancien détenu.

Feuilleton judiciaire

Il a été condamné à huit ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de l’Eure pour des faits commis en 2008. Au terme d’un long feuilleton judiciaire, rythmé par une année de détention provisoire, une première condamnation par la cour d’assises de Rouen, cassée en appel pour vice de forme et deux périodes de contrôles judiciaires, il a finalement été détenu au centre de Val-de-Reuil (Eure). En 2013, il chausse les gants pour la première fois et se découvre une passion pour la boxe anglaise. « J’ai essayé beaucoup de sports en prison : le basket, le badminton, la course à pied… Mais la boxe me permettait de me canaliser, d’évacuer l’angoisse de la détention. Cela m’a forgé un mental et m’a donné un but », explique-t-il.

Jeux pénitentiaires

Un surveillant le prend sous son aile : Robin Dolpierre. Fort de sa qualité d’arbitre international, sous l’égide du World Bowing Council, il encadre ses entraînements quotidiens. « Il a vu que j’évoluais vite et que je m’investissais. C’est grâce à lui que j’ai pu bénéficier de ma première permission de sortie ». En mars 2014, Robin Dolpierre inscrit son protégé au championnat de Normandie des novices. Noël Duval est sacré champion après trois combats. Ses souvenirs sont précis : « Le premier combat a duré une minute trente, le second moins de deux minutes ». Il en ira ainsi pour toutes les compétitions qui ont suivi : au tournoi du comité d’Île-de-France, il est vice-champion après avoir perdu aux points à Chanteloup-les-Vignes, en juin 2014. En décembre, il accède à la finale du championnat de Normandie Elites. « J’ai perdu aux points face au champion de Normandie. Mais cela m’a valu d’être sélectionné à un tournoi pré-national où je suis allé jusqu’en quarts ». Des permissions spéciales de sortie lui ont été accordées pour chacune de ces compétitions. Sans compter les participations à des galas de boxe ou, mieux, aux Jeux pénitentiaires qui se sont déroulés en septembre dernier, à Saint-Raphaël (Var). « On était plus de 300 détenus de 65 établissements pénitentiaires différents. Pour être autorisé à participer, il fallait passer devant le juge d’application des peines. Mon assiduité, ma ponctualité et mon comportement général en détention ont sans doute joué en ma faveur. Et notre établissement a fini quatrième ! »

Ambitieux

Depuis le 7 janvier, Noël Duval est libre. Ou du moins en liberté surveillée, avec un bracelet électronique qui ne quitte plus sa cheville et le contraint à être rentré chez lui, à Conflans-Sainte-Honorine, pour 19h30 au plus tard. « Je le garde jusqu’au 31 août ». D’ici là, il limite ses entraînements quotidiens à deux heures par jour au Rahilou Cergy Boxe. « Robin Dolpierre m’a conseillé ce club. Après, je pense que j’irai à celui de Saint-Ouen, dans le 93 ». Ses objectifs sont clairs : devenir boxeur professionnel et, dans la mesure du possible, décrocher le titre de champion de France dans sa catégorie.

Par Thomas Richardson

Source : La Gazette du Val-d’Oise